
Santé mentale : ce que les salariés ont exprimés en 2025.
Détresse psychologique, individualisme, prévention insuffisante… quels sont les signaux faibles devenus chroniques ?
En avril 2025 le 14ème baromètre annuel sur la santé mentale des salariés est publié. Ce sondage a été réalisé par OpinionWay pour Empreinte Humaine, mené auprès de plus de 2 000 salariés (en savoir plus ici). En étant optimiste, la bonne nouvelle de cette étude est que la santé mentale des salariés français ne s’effondre plus!
Cependant, elle ne se rétablit pas non plus ce qui est un constat sans détour… Derrière une apparente stabilisation, voyons les indicateurs qui restent durablement dégradés, révélant une souffrance au travail devenue chronique qui entraîne de l’absentéisme au travail et des arrêts maladie pour motifs psychologiques.
Qu’est ce que la détresse psychologique pour un salarié ?
45 % des salariés sont en détresse psychologique. Parmi eux, 7 sur 10 évoquent un lien avec leur travail.
L’augmentation est de +3 points en un an, selon le baromètre T14 d’Empreinte Humaine.

Des symptômes en lien avec la dépression et l’épuisement sont évalués pour définir un état de détresse psychologique, ils ne décrivent pas une pathologie. La fatigue psychique, l’épuisement émotionnel, le stress chronique, la perte de motivation ou le sentiment de surcharge sont autant de facteurs qui peuvent dégrader la santé mentale des salariés.
Il est important de tenir compte également de la durée d’exposition à ces facteurs et de leur intensité, que chaque salarié ressent à sa propre manière.
Couplés à des facteurs organisationnels, relationnels ou managériaux, la manière de vivre les choses sera soit plus soutenante soit plus insécurisante. Ainsi les causes professionnelles peuvent être multiples, comme la charge de travail, la reconnaissance, le climat social, l’équilibre vie professionnelle / vie personnelle.
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Quand la détresse psychologique conduit à la dépression ou au burn-out
La santé mentale des salariés qui présentent une détresse psychologique peut se détériorer et conduire à la dépression ou le burn-out.
En 2025, le taux de dépression chez les salariés reste stable, à 29%, bien qu’il soit préoccupant (Empreinte Humaine baromètre T14). La dépression est caractérisée par l’OMS par « une tristesse persistante », « une perte durable de la capacité à éprouver de l’intérêt ou du plaisir pour les activités qui en procuraient auparavant ». Cela va au-delà de changements d’humeur qui peuvent intervenir suite aux aléas du quotidien, l’humeur dépressive se ressent quasi permanente pendant au moins deux semaines consécutives, avec des troubles de l’alimentation, du sommeil, de la fatigue ou encore des difficultés de concentration. L’estime de soi devient faible avec parfois des idées suicidaires, le sentiment de désespoir face à l’avenir s’installe.
Parmi les salariés en risque de burn-out sévère, 1 sur 5 présente un risque dépressif (Empreinte Humaine baromètre T14).
Le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, concerne spécifiquement la sphère professionnel. Il est définit par l’OMS comme « un syndrome résultant d’un stress professionnel chronique qui n’a pas été géré avec succès ». Il s’agit d’un épuisement physique et émotionnel, d’une distance mentale accrue à l’égard du travail et d’un sentiment d’inefficacité et de manque d’accomplissement.
A la recherche d’un climat de sécurité psychologique en entreprise
Le baromètre T14 sur la santé mentale évoque des risques pour la santé mentale 1,5 fois moins élevés dans les entreprises avec un climat de sécurité psychologique important.
Dans les facteurs les plus à risque, la montée de l’individualisme en entreprise est citée. Il s’agit pour les salariés de privilégier l’atteinte de leurs objectifs personnels au détriment du collectif, pousser par leur environnement de travail. Paradoxalement, 7 salariés sur 10 estiment que cela nuit aux performances globales de l’entreprise. La distanciation physique avec la démocratisation du télétravail n’est pas cité comme une influence.
Serait-il ainsi temps de laisser la place au collectif ?


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